« Paniquez Comme Si Nous Étions en 1837! »

Un article sur le site « The Daily Bell » attire notre attention (je me permets de vous en relayer une partie adaptée):

C’était le 10 mai 1837 (180 ans avant aujourd’hui).

Tout le monde a paniqué.

Les banques newyorkaises avaient enfin compris que “l’argent facile” allait s’arrêter de couler.

Ils ont demandé à être payé “in specie,” c’est-à-dire avec de l’argent, de l’or, ou autre chose — mais pas la monnaie papier.

Auparavant, ils acceptaient d’être payés avec de l’argent papier — sachant que pour chaque 5 dollars en circulation, il n’y avait que 1 dollar d’or ou d’argent réel.

À force d’émettre de l’argent papier pour payer la “ruée vers l’Ouest,” qui nécessitait des chemins de fer et autre infrastructure, ils avaient émis bien trop d’argent.

L’argent métal rentrait du Mexique, où il était miné. Les banques créaient $5 en créances pour chaque $1 d’argent importé.

En même temps, la valeur de l’argent métal diminuait parce qu’il devenait toujours plus répandu à cause des importations.

Du coup, lorsque les banques, qui étaient principalement britanniques, ont réclamé d’être payé “in specie,” l’argent métal avait déjà perdu beaucoup de sa valeur.
L’abondance du métal avait permis aux dettes de s’accumuler, même si ce métal avait grandement perdu de sa valeur au passage.

Les Américains avaient utilisé cet argent à crédit pour acheter des terres, construire des routes, des chemins de fer, et payer d’autres projets.

En plus, le Président Andrew Jackson avait démantelé la banque fédérale, et envoyé ses actifs aux États, en les encourageant à créer des emprunts.

Bien sûr, quand finalement les créanciers des banques ont voulu récupérer leur argent, le jeu était fini. Le résultat a été sévère.

Le marché immobilier avait grandement augmenté avant 1837, avec tous les achats à crédit. Quand le crédit a été retiré, le marché immobilier s’est planté, et une panique s’en est suivie.

Cela a déclenché une récession économique qui a duré jusqu’en 1844.
Cela vous paraît familier?

Le gouvernement poussant les banques à créer des emprunts? Une montagne périlleuse de dette?

Certains ont utilisé la panique pour justifier qu’il fallait une banque centrale pour “stabiliser” les choses. Ils ont attribué la crise au démantèlement de la Banque Fédérale par Andrew Jackson.

Mais la Réserve fédérale n’avait pas empêché le problème — elle l’avait aidé à se créer.

Ils ne demandaient pas aux banques d’obtenir leur crédit contre des actifs réels, et ils créaient autant de crédit que leur demandaient les banques.

Dans les années avant la panique de 1837, les banques régionales (gérèes par les États) avaient fait la même chose. Ils imprimaient de l’argent qui n’était pas adossé à des actifs réels. Ils s’en servaient pour financer les dépenses publiques.

Le problème était que la monnaie n’avait pas de valeur réelle, permettant ainsi une dépréciation rapide. Ce qui a contribué aux bulles spéculatives avant 1837.

A l’heure actuelle, le marché-actions est plus haut que jamais, et les taux d’intérêts sont plus bas que jamais.

Une autre “panique” ne se tient-elle pas tout près?